Mali 2008
Mali 2008, c'est le récit de notre voyage de 11 jours, fin février, au cœur de l’Afrique authentique, en suivant le Niger de Bamako à Mopti, avec une incursion dans le Pays Dogon.

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Mali 2008

Mali 2008, c'est récit de notre voyage de 11 jours, fin février, au cœur de l’Afrique authentique, en suivant le Niger de Bamako à Mopti, avec une incursion dans le Pays Dogon.

Itinéraire

                Plus de 1700 Km en bus locaux.

 Jour 1 Bordeaux - Bamako

Jour 2 Bamako

Jour 3 Bamako - Mopti

Jour 4 Mopti

Jour 5 Pays Dogon

Jour 6 Pays Dogon

Jour 7 Mopti -Djenné

Jour 8 Djenné - Ségou

                                                                                         Jour 9 Ségou

                                                                                        Jour 10 Ségou - Bamako

                                                                                       Jour 11 Bamako - Bordeaux

 

Préparatifs

 

C’est décidé. Cette année, ce sera le Mali, notre premier pays d’Afrique Noire. Nous partirons fin février, c’est la fin de la saison touristique car la chaleur commence à grimper, mais le boulot ne nous permet pas partir avant. Billets d’avion réservés sur Royal Air Maroc. Départ de Bordeaux le soir, escale à Casablanca et arrivée prévue à Bamako vers 2h30 du matin. Je poste les demandes de visas, nous les aurons une semaine après. Je cherche un guide pour le Pays Dogon sur internet. Seck Dolo est le premier pressenti, on en dit beaucoup de bien et il a un site internet. Mon dernier message est sans réponse. Après avoir fait baissé le pris de 300 à 250€, demandé un changement de date et des précisions sur le type de véhicule, nous laisserait-il tomber ? Au moins, j’ai eu plus de chance avec l’auberge Fatime à Bamako que j’ai trouvé aussi sur internet. En plus ils se proposent de venir nous chercher à l’aéroport, ce qui devrait nous éviter d’être assailli à notre arrivée. Vaccins contre la fièvre jaune, le strict obligatoire. Je supporte bien, Françoise a juste une petite faiblesse trois jours après. Enfin des nouvelles de Seck, il était en ballade avec d’autres touristes. Tout est Ok, Rendez-vous pris vers 12h00 à Mopti le dimanche 24 février devant un hôtel connu.

 

Jeudi 21 février  Bordeaux - Bamako

C’est le départ. Comme nous habitons à une centaine de kilomètre de Bordeaux, nous prenons une bonne marge de sécurité et nous sommes à l’aéroport trois heures avant. Comme nous avons appris, grâce à internet, que quelques voyageurs ayant empruntés le même itinéraire que nous avait eu des problèmes avec leurs bagages qui n’avaient pas suivi jusqu’à Bamako, nous scotchons sur nos bagages de grands placards marqués ‘BAMAKO’. Décollage avec 20 minutes de retard, nous n’avons plus que 50 minutes pour la correspondance. Cà risque d’être chaud ! Mais non, car nous aurons le même avion, et finalement une heure de retard à l’arrivée à Bamako. Nos sacs sont là. Gros soulagement. Sortie. Deux souris lâchées dans un troupeau de chats. Je cherche un panneau avec notre nom, panneau que brandirait Youssof, le mari de Fatime qui doit venir nous chercher. En vain ! Mais, j’ai tout récupéré sur leur site internet, l’adresse et deux numéros de téléphone. Encerclé, j’essai les deux numéros de téléphone, aucun ne répond. Nous finissons par céder aux avances de Mamadou, le plus accrochant. Change et taxi pour l’auberge de Fatime, quartier de Badalbougou. Petit détail : les taxis jaunes de la ville n’ont pas le droit de charger à l’aéroport, il faut s’adresser à un bureau spécial, taxi banalisé, çà peut surprendre ! Dans le taxi, Mamadou nous fait l’article. C’est un grand guide Dogon, 17 années d’expérience (nous lui donnons entre 30 et 35 ans). Déception quand on lui dit que l’affaire est déjà faite avec Seck. Selon lui, ce n’est pas un bon guide, tout juste deux ans d’expérience, etc.) Arrivée dans la rue de chez Fatime (j’avais repérer la route avec Google Earth, et nous sommes bien au bon endroit). Aucune indication d’auberge ! Nous apprendrons ¼ heure plus tard, après avoir réveillé la moitié de la rue que Fatime a déménagée sans laisser d’adresse, depuis un ou deux ans ! Mamadou ne nous a pas abandonné, et nous conduit dans une autre auberge, un peu plus excentrée. Chambre propre, climatisée, prix raisonnable, il est 4h00 du matin et nous n’en demandons pas plus !

Vendredi 22 février  Bamako

Le coq à côté se réveille à 7h30. Nous aussi ! Petit déjeuner sur le toit en terrasse, avec vue sur les alentours. C’est brumeux. Nous avons atterri chez Endé, une famille Dogon, dans le quartier 300 logement. Taxi pour le centre ville. Premier contact avec cette ville grouillante. Nous sommes sans arrêt sollicités par des ‘guides’. Change tranquille et rapide dans un bureau de change, à deux pas de la cathédrale où il y a un enterrement. Nous raterons l’intérieur. Tour du marché rose, la grande mosquée. Premières photos, premières engueulades. Les Maliens ne veulent généralement pas se faire prendre en photo, sauf si vous demander l’autorisation (et encore). Aller demander l’autorisation à une foule dans la rue ! J’essaie de faire plus discrètement, à bout de bras, en marchant. L’avantage du numérique, c’est que l’on peut faire le tri ensuite. Nous accrochons un type, un de plus, mais celui-là va pas nous lâcher comme çà. Il nous précède, nous suit quand il n’arrive pas à nous précéder. C’est vrai que l’on ne va pas lui faciliter la tâche : Changements de direction, demi-tour ! Rien n’y fait. Il faudra que l’on fasse une pause de vingt minutes, assis sur des marches à la maison des Artisans pour qu’il lâche prise. Premier repas malien à l’African Grill : Capitaine et riz. Bonne adresse.

Taxi pour le musée. Visite au frais, c’est appréciable. A l’extérieur la chaleur est lourde, avec la pollution et la poussière en plus, les balades dans Bamako ne sont pas très agréables. Après un petit rafraîchissement au bar du musée, taxi pour la gare routière. Demain, nous partons pour Mopti et il faut réserver nos places dans le bus. Un peu de tourisme avec le taxi qui avait déjà chargé une autre cliente et qui la déposera avant nous, à quelques encablures de la gare routière. Nous avons choisi de voyager avec la compagnie Bani. Billet de bus en poche pour demain 8h00, retour à l’auberge Endé. Ballade dans le quartier en latérite rouge, de la musique nous attire, c’est un mariage, spectacle assuré avec des danseurs et des danseuses sur fond de flûte et tambourin. Instant privilégié. De retour à l’auberge, je téléphone à l’Hôtel Le Fleuve à Mopti pour réserver une chambre, enfin, c’est plus pour prévenir de notre arrivée que pour réserver car à cette période de l’année, les touristes sont rares. Poulet et couscous préparé par notre hôte, sur la terrasse. Dodo bien mérité.

Samedi 23 février Bamako - Mopti

Réveil à 6h30, petit déjeuner et taxi pour la gare routière Bani. Activité débordante. C’est enfin l’appel pour monter dans le bus. Nous sommes appelés en premier (nous sommes les seuls blancs) et cela nous permet de choisir nos places. Deuxième rang près de la porte, le premier étant déjà occupé par des militaires. C’est un bus autrefois climatisé, les fenêtres ne s’ouvrent donc pas, et la seule climatisation viendra de la porte qui restera toujours ouverte. Nous avons 700 km à faire. Départ à 8h15. Un ¼ heure plus tard, sortie de Bamako, première halte au barrage de police.

 Une cinquantaine de petits vendeurs encercle la porte du bus. Paysage de savane entre Bamako et Ségou que l’on atteint 4 heures plus tard. Tout le monde descend, pause déjeuné d’une heure. Nous nous contenterons de quelques bananes achetées à une jeune vendeuse et barres de céréales que nous avions emportées. Après Ségou la route est moins encombrée et la moyenne augmente malgré les nombreux arrêts (poste de police, descente de passager, ravitaillement). On contourne un bus couché en travers de la route. C’est encourageant ! Il faut dire que la conduite est délicate sur cette route étroite avec les animaux qui traversent, les mobylettes, les camions, etc. Dernière heure pénible pour arriver. Nous avons changé de chauffeur, et au lieu de la musique d’ambiance africaine, il nous met une cassette de ce qui ressemble à un prêche ou à une lecture du Coran. Arrivée à Mopti après 11h de bus. Nous sommes aussitôt pris en charge par un guide qui veut nous emmener à l’hôtel… à pied. Un bon kilomètre, avec nos sacs lourds. A l’arrivée lorsqu’il comprend que nous avons déjà réservé notre tour au pays Dogon avec Seck, il tourne les talons sans demander son reste. Diner, et je découvre seulement la bière Malienne. Bouteille de 60cl, fraîche à souhait, un vrai bonheur ! La chambre n’est pas terrible, mais nous passons une bonne nuit sous la moustiquaire. Indispensable !

Dimanche 24 février  Mopti

Petit déjeuner (pas prévu, il a fallu attendre). Ballade dans Mopti. Dépaysant.

L’activité le long du fleuve, les pirogues qui débarquent et embarquent toutes sortes de marchandises, le port, sale mais grouillant de toutes sortes de petits commerces. Poissons séchés, épices, sel de Tombouctou. Visite extérieure de la mosquée en banco, juste restaurée. Elle est sur le modèle de celle de Djenné, en plus petite. Photos de la terrasse d’une maison voisine moyennant quelques petits cadeaux aux enfants de la maison. Nous cherchons le marché des artisans, près du château d’eau, d’après le guide du routard. Sans succès, mais au coin d’une rue, j’entends ‘Jacky ! Jacky !’. C’est Seck, notre guide qui nous cherchait. Il n’a pas eu de mal à nous trouver, nous devons être les seuls touristes blancs. Il nous prend en charge et nous emmènent à la fabrique des pirogues puis au marché des artisans qui a déménagé du côté de la digue, au nord du port. Premiers achats de souvenirs après négociations plus ou moins longues. Nous craquons pour deux magnifiques masques en ébène, trois petites boîtes en cuir, deux écharpes décoratives et une lance touareg. Tentative pour déjeuner au bar Bozo, envahi par des groupes de touristes. Finalement Nous ne sommes pas les seuls, mais ceux-là ne doivent descendre de leurs bus climatisés que pour manger dans les restaurants et coucher dans des hôtels quatre étoiles. Finalement, Seck nous emmène de l’autre côté du port, que l’on traverse sur une petite pirogue, au restaurant Sigui, moins connu mais tout aussi touristique. Capitaine grillé délicieux. Seck nous présente le programme de cet après-midi et des deux prochains jours. Après un petit acompte, il nous quitte. Rendez-vous pris pour 16h00 pour la ballade en pirogue. Pirogue couverte ! Ouf ! Equipage de trois jeunes gens et d’un gamin. Nous remontons le Bani, le long du port de Mopti. Scène de vie le long du fleuve. Les gamins jouent dans l’eau, les femmes font la lessive. Nous arrivons au premier village Bozo Kagolodaga. Ballade au milieu des maisons en banco, rue étroite et fraiche malgré la température qui doit avoisinée les 38 degrés. Petit tour de la mosquée en banco qui aura droit à son petit rafraîchissement annuel avant la saison des pluies.

 Nous reprenons la pirogue et Françoise fait un heureux. Ballon, porte clé, stylo et savonnette au gamin de la pirogue. Nous redescendons le Bani, direction un village Touareg. Là, ce sont des cases en joncs. Nous patientons un peu dans une cour familiale en attendant la visite de l’enclos à touriste. Distribution aux enfants de balles et de savonnettes. La visite du village se poursuit avec des enfants accrochés à chaque main. Nous rejoignons à pied un autre village Kotaga, avant de récupérer la pirogue. Retour à Mopti, avec couché de soleil sur le Bani. Diner de capitaine grillé, comme à midi au restaurant Sigui. Retour à l’hôtel, par une nuit noire, par des rues pas toujours éclairées. Départ prévu demain à 7h30.

 

Lundi 25 février  Pays Dogon

Seck arrive, avec 3/4 d’heure de retard. Le chauffeur est tombé malade et il a du en trouver un autre au dernier moment… La voiture est une 405, en assez bon état. Route pour Bandiagara. C’est rapide, après çà se complique un peu. La piste est dure, cassante et nous devons souvent rouler au pas. Mais le paysage est superbe et varié. Nous passons de la brousse à des paysages plus caillouteux, puis à une vallée fertile, bien verte, avec partout des champs d’oignons. Spécialité de la région, apportée par Griaule , un ethnologue français qui fit beaucoup pour le développement de la région. Beaucoup d’activité dans les champs. Arrosage, ramassage. Nous faisons une halte pour acheter deux ou trois kilos de mangues. Après trois heures de route, nous arrivons enfin à Sangha. Seck nous abandonne au Grand Castor Dogon, un resto sympa avec terrasse ombragée. Il est originaire d’ici et en profite pour rendre une petite visite à sa famille. Petit sieste et nous repartons vers 15h00 avec Seck. Il doit bien faire40 degrés ! Visite d’Ogol-du-haut et d’Ogol-du-bas. Deux des villages de Sangha qui en fait en comporte treize. Dédales de ruelles étroites entre les maisons en banco. Visite de maisons typiques, terrasses de toit sur lesquelles sèchent des boulettes d’oignons, Arrêt dans la famille de Seck. Petits cadeaux à la plus grande des filles qui d’occupera du partage entre la nombreuse marmaille. Nous repartons Une gamine, avec un bébé accroché au dos, s’attache à ma main. Françoise hérite d’un petit garçon morveux. Donation en espèces au vieux Hogon pour faire une photo de sa maison. Magnifiques portes en bois sculptées, case à palabres. Nous quittons le village pour rejoindre à pied le bord de la falaise. Sous un arbre, un vieux sorcier est en train de dessiner un tableau du renard. Nous arrivons au village de Gogoli. Nous sommes aussitôt pris en main par les gamins, jusqu’à deux dans chaque main. Ils nous offrent des cadeaux, en fait tout ce qu’ils peuvent ramasser par terre. Cailloux, bout de bois, écorce de fruit de Baobab, espérant un autre cadeau en retour. Mais notre réserve est déjà bien entamée. C’est une cargaison de Bic que nous aurions dû emporter ! Car c’est cela qu’ils réclament, plutôt que des bonbons. Nous attaquons la descente de la falaise vers Banani. C’est vertigineux ! Un cousin de Seck (ils sont tous cousins ici) nous accompagne jusqu’à moitié, il aidera beaucoup Françoise dans les passages difficiles. La chaleur est plus présente en bas, malgré le soleil qui décline. Il faut dire qu’il a rechargé les pierres toute la journée. Il fait presque nuit lorsque nous arrivons au village. Nous sommes accueillis dans une maison, nous prenons nos quartiers sur la terrasse. Lorsque l’on nous propose un rafraîchissement, je demande une bière, bien sûr. L’attente fut très longue, et je ne compris qu’après que n’en ayant pas, ils sont allés à pied au village voisin, en pleine nuit, en chercher une ! Couscous-légumes ce soir. Euh, les légumes, c’était uniquement des oignons ! J’ai un petit cadeau pour Seck : un flasque de calvados. Il ne connait pas, mais apprécie beaucoup, même si pour lui, la mesure est une capsule de bouteille de coca ! Pour la nuit, ils nous installent deux nattes en bois avec matelas et moustiquaires, sur la terrasse. Nuit de pleine lune, à la belle étoile.

Mardi 26 février  Pays Dogon

Réveil à 6h00 au chant du coq, en même temps que le soleil qui illumine rapidement la falaise et le village qui s’éveille. Nous découvrons alors les anciennes constructions Tellem à même la falaise. Après un petit déjeuner agrémenté de beignets, Seck nous rejoint et nous partons pour une balade dans Banani qui se déroule le long de la falaise. Le village est magnifique, avec partout ces petits greniers ornés de leurs chapeaux pointus en paille. Ici, nous pénétrons dans maison où une veille femme carde de la laine, là nous découvrions une énorme tortue cachée dans une petite grotte, place du village avec souvenirs dogon étalés à même le sol. Une femme passe avec une énorme bassine de dolo (bière de mil) sur la tête. Un petit passage devant la case à palabres et nous attaquons la remontée de la falaise. Il commence à faire chaud. Arrivés en haut des marches de la faille, un groupe d’une dizaine de personnes  nous rejoint. Les femmes montent d’énormes bassines de bière de mil sur la tête. Les hommes leur tiennent compagnie… Tout ce petit monde fait une pause avec nous. Je soupèse une bassine, elle fait au moins 25 kilos ! C’est l’occasion de goûter leur bière et de leur faire goûter notre vin. J’avais conversé les petites bouteilles fournies dans l’avion. Si les hommes apprécie, les femmes un peu moins. J’en profite pour faire quelques photos discrètement. Pas facile, surtout qu’une jeune fille m’a repérer, qu’elle s’en doute et m’engueule régulièrement.  Nous reprenons la montée pour atteindre le village de Gogoli. Nous traversons un tunnel qui passe sous la ville haute. A la sortie, nous sommes accueillis par la chorale locale et un petit marché. Une quinzaine de jeunes filles  chante une chanson de bienvenue. Bonbons, stylos et menue monnaie pour les remercier. J’achète une petite serrure dogon. Et nous poursuivons, les mains toujours pleines d’enfants. Distribution de barres de céréales qui font des heureux, même parmi les plus grands. Retour au Grand Castor. Rafraichissements et échanges avec Seck sur les us et coutumes de nos pays respectifs en attendant le repas. Sieste. Départ à 15h30, il nous faudra deux heures pour parcourir les 45 Km de piste qui nous sépare de Bandiagara. Arrêt à proximité d’un barrage sur un cours d’eau. Un troupeau de buffle s’abreuve. En deux minutes, c’est une vingtaine de gamins, sortis de nulle part, qui encercle la voiture ! Retour sans encombre à Mopti. Il est 18h30. Douche et marche à pied pour aller à notre resto préféré en centre ville. Nous finissons par faire un gros plaisir au vieux touareg qui est attaché au resto. Car çà fait trois repas qu’il nous étale sa marchandise. De grands tapis en laine d’agneau. Magnifiques, mais trop lourds, trop encombrants et certainement trop chers pour nous. Nous craquons donc pour un joli petit tapis indigo. Retour à l’hôtel et nuit sous la moustiquaire.

 

Mercredi 27 février  Djenné

Lever tôt. Notre chauffeur de hier doit nous emmener à la gare routière. Nous achetons nos billets de bus pour le lendemain, pour Ségou, au départ du carrefour de Djenné. Il n’y a qu’ici que l’on peut le faire, mieux vaut le savoir ! Nous nous dirigeons vers la gare des taxis brousses. Deux amis nous abordent et nous en dissuadent. Ce n’est pas le jour du marché à Djenné et nous risquons d’attendre des heures avant qu’un taxi ne soit plein. Il s nous emmènent au bus Balazan. Ils prennent eux même nos billets, moyennant une petite prime. Il faut bien que tout le monde vive ! Départ à 8h25, c’est le bus de 8h00. Le trajet risque d’être long pour parcourir les 130 km qui nous séparent de Djenné. L’antique bus s’arrête ¼ heure tout les trois kilomètres. Carrefour de Djenné, il est 11h30. Le désert. Un bâché est là à attendre. C’est 3500 CFA mais il faut attendre qu’il soit plein pour partir ! Nous ne sommes que deux, pas encore une dizaine ! Après une demi-heure d’attente, je me renseigne pour un départ immédiat. Seule solution : payer la dizaine de place. Il nous faut encore payer la taxe touristique qui nous autorise à se rendre à Djenné. Et c’est parti dans notre antiquité, qui devra s’arrêter deux fois en trente kilomètres, histoire de resserrer quelques boulons baladeurs. Passage du bac et nous débarquons sur la grande place de Djenné, face la mosquée. A peine touché pied à terre, nous sommes pris en charge par un guide. Hier soir, j’ai réservé une chambre à la résidence Tapama et je compte bien me débrouiller tout seul pour y arriver. Erreur fatale ! Après dix minutes d’errance, nous finissons par accepter ses services. Seul, c’était introuvable ! Une chambre sommaire, non ventilée et encore moins climatisée nous attend. Mais compte-tenu de la chaleur extérieure, c’est un vrai havre. La cour intérieure, ombragée est fort agréable. 15h00, nous décollons, direction la mosquée et les ruelles tortueuses de Djenné dans lesquelles il est agréable de se perdre, seul, ou avec seulement quelques gamins accrochés aux mains, qui ne vous demandent rien d’autres. Nous faisons du change dans une banque, près de la mosquée, alors que tout les guides que nous avons emportés s’accordent à dire qu’il n’y a pas de banque à Djenné. Heureusement, car nous étions franchement à cours de munitions. Après un petit rafraîchissement dans bar, avec vue sur la mosquée qui se ne visite plus, nous repartons nous perdre dans les rues, à la découverte de magnifiques maisons en banco, de portes et de fenêtres richement décorées. Petit tour vers le Bani. Si au loin on aperçoit des bergers et des pêcheurs, côté ville, c’est une digue de détritus sur lequel nous sommes perchés ! Dernier petit tour du côté de la mosquée, au marché des femmes, avant de rentrer avant la nuit à l’hôtel, car les rues ne semblent pas éclairées. Il ne reste plus qu’à attendre l’heure du diner. Nous ne sommes pas seul, il y a aussi un autre couple de français. J’engage la conversation pour savoir quand ils repartent. Demain à 7h00. Dommage, nous serons obligés de prendre chacun un bâché, car nous avons prévu de partir vers 14h00 pour attraper le bus de 16h00 au carrefour de Djenné. Nous dînons ensemble. Ils sont de La Réunion et ont commencés leur périple par le Burkina Faso. Eux aussi sont de grand amateurs de voyage et la conversation dure jusqu’à une heure avancée. Ils partent sur Ségou, comme nous et nous nous retrouverons au même hôtel là-bas. Françoise est malade sur le coup des 5h00 du matin. Serait-ce les concombres que nous avons hésité à manger hier soir. Jusqu’à présent, nous avions évité les crudités. Ercéfluril et Immodium !

 

Jeudi 28 février  Djenné

Grâce matinée (lever à 8h00). Françoise à l’air d’aller un peu mieux. Petit déjeuner frugal et nous repartons dans Djenné. Le matin, la façade de la mosquée est bien éclairée. Photos. Puis nous nous enfonçons plus profondément dans le dédale des ruelles. Scènes de vie quotidienne dans les rues. Les gens vivent dehors, cuisinent dehors, etc. La ville est pleine d’animaux qui déambulent ou qui sont attachés devant la porte. Moutons, mules, chevaux, vaches. Et toujours, TOUBABOU TOUBABOU. Nous profitons de trois gamins isolés pour sortir nos trois dernières balles. Pause thé, il est 10 heure et nous n’avons plus grand-chose à faire à Djenné. Retour à l’hôtel, repos à l’ombre et repas de riz, pour les intestins de Françoise… 14h00, C’est sur l’arrière d’une mobylette que je vais chercher le bâché sur la place de la mosquée, pour qu’il nous récupère, nous et nos sacs, devant l’hôtel. Sortie de Djenné, il s’arrête et nous chargeons six gamines et un gamin qui sortent de l’école. Ils vont jusqu’au bac, à quatre kilomètre de là. Animation garantie. Nous vérifions les cahiers, les ardoises. Nous les quittons à regret au bac. Une heure plus tard, nous sommes arrivés au carrefour de Djenné. Plus qu’à attendre le bus. Jamais attente n’auras parue aussi courte. Car aussitôt assis à l’ombre d’une maison, trois petites vendeuses de 9 à 11 ans viennent nous tenir compagnie. Contrôle scolaire. Tout y passe. Les tables de multiplication, les mois de l’année, les jours de la semaine, l’alphabet, la conjugaison. Elles nous chantent aussi des chansons en français et dans leur langue. Photos de groupe à l’abri des regards, distribution de cadeaux. Bref, un grand moment de bonheur passé en présence de Fatmata, Aïssa et Mariam. 17h00, le bus de 16h00 arrive. Cette fois, nous n’avons pas de chance, il est franchement pourri, se traîne, et nous sommes à l’arrière. C’est à 23h00 que l’on arrive à Ségou, après une pause d’une heure à San. Dîner du chauffeur oblige ! Gare routière de Ségou. Le premier quidam qui nous saute dessus dès la descente du bus, nous réclame 6000 Cfa pour nous emmener à l’hôtel. Nous faisons trente mètres à pied, et c’est 1500 avec un taxi. Arrivée à l’hôtel Djoliba, c’est le grand luxe ! Il y avait longtemps que nous n’avions pas eu çà. Chambre nickel, clim, salle de bain propre avec douche chaude. Une grande bière et un coca plus tard, c’est une nuit de repos bien méritée qui nous attend.

Vendredi 29 février  Ségou

Petit déjeuner. Nous nous apprêtons à partir quand nous tombons sur Erwan et Céline, le couple rencontré à Djenné. Nous nous retrouverons en début d’après-midi pour une ballade en pirogue sur le Niger, ainsi nous partagerons les frais en deux. Ballade dans Ségou. Sur la rive du Niger, beaucoup de jardins potagers, encerclés par les éternels sacs plastiques. Mais il faut que l’on fasse du change. Après avoir essayé 3 ou 4 banques dans le centre ville, nous apprenons que la seule qui en fait est à la sortie de la ville. La BNDA sur la route de San. Taxi. Nous rentrons dans la banque, c’est bondé ! Nous avons le ticket 867, on en est au 801 ! Il est 10h30. Trois heures plus tard, nous sortons de la banque, devises en poche. Direction un resto proche de notre hôtel, sans céder au prix abusif que nous réclame le taxi. C’est l’heure de la ballade en pirogue. Nous naviguons une heure sur le Niger avant d’atteindre le village des potiers. Des potières plus exactement, car ce sont les femmes qui les fabriquent. Nous suivons la fabrication de bout en bout, sauf la cuisson qui a lieu une fois par semaine, le dimanche, sur la place du village. C’est l’occasion de faire quelques rares portraits de femmes et d’enfants. Retour à Ségou au soleil couchant. Le long du fleuve, les femmes plient le linge qui séchait, étalé sur les rives. Beaucoup d’oiseaux de toutes espèces, qui font concurrence aux pécheurs qui lancent leur filet avec adresse. A deux pas de l’hôtel, nous chinons dans les boutiques d’artisanat. Une jolie boîte recouverte de cuir et deux petits couteaux. Erwan et fort intéressé par deux magnifiques sculptures de bronze hautes d‘un mètre soixante et très fines. Prix de départ : 1000€… Douche à l’hôtel et diner au restaurant l’Alphabet, à deux pas. Diner en musique. Deux musiciens touaregs nous chantent les mérites des chasseurs. Nuit avec les moustiques.

Samedi 1 mars  Ségou - Bamako

C’est notre dernier jour au Mali. Dernière promenade dans les rues et les marchés de Ségou. Ségou est une petite ville de province vraiment agréable. Il est temps aussi de faire les dernières cartes postales. Les chaussures de Françoise sont à bout de course mais elles vont faire un heureux. Pour ce gamin d’une douzaine d’années, ce sont des chaussures neuves ! Une dernière bière à l’ombre de la grande paillotte du Djoliba et brochettes de filet de bœuf délicieuses pour changer du capitaine grillé. Dernier achat de souvenir, trois petits éléphants en ébène. Nous négocions un beau chapeau, sans succès. 15h10, gare routière de Ségou, le Bani de 14h30 part. C’est une antiquité, mais il a un avantage : les vitres sont ouvertes. Et nous sommes à l’avant. Le voyage sera ponctué des traditionnels contrôles de police et des arrêts ravitaillement. Les vendeurs de toutes choses montent dans le bus. Et ils ont généralement du succès. Racines de je ne sais quoi, graines grillées, cacahouètes, fruits, eaux, etc. La nuit est tombée sur Bamako quand nous arrivons quatre heures plus tard. L’accueil est toujours excellent chez Endé. Nous y passerons la soirée avant de partir à l’aéroport vers 10h30. Il faut que l’on y soit à 1h00 du matin, mais nous n’allons pas abusé de leur hospitalité. Ils ont même négocié le taxi pour nous ! Enregistrement à l’aéroport dans la plus grande pagaille ! Les contrôles d’embarquement et fouilles des bagages à main se font sur le tarmac. Folklorique ! Décollage avec une demi-heure de retard, ce sera la même chose à Casablanca. Çà doit être la règle chez Royal Air Maroc. Arrivée à Bordeaux vers midi. Le ciel est couvert et il fait 12 degrés. Retour à la vie moderne !

 

Impressions en deux mots

Bamako : à fuir

Ségou : très agréable ville de province.

Djenné : incontournable et authentique.

Mopti : L’Afrique qui vie.

Le pays Dogon : Sublime, mérite plus que les deux jours que nous y avons passé.

 

Recommandations spéciales 

Auberge chez Endé à Bamako. E-mail: allayedogon@yahoo.com

Seck Dolo, Guide Dogon  http://trek.dogon.free.fr/

Hôtel Djoliba à Ségou.

 

 

 



Publié à 11:18, le 9/12/2008, Mali
Mots clefs : pays dogondjenné
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